◊ Hajar
◊ 20/12/199*
◊ [ ... ] Morocco
La meilleur façon de comprendre certaines choses, c'est de les ressentir.
Je veux savoir ce qu'on ressent, j'ai tout préparé minicieusement dans ma tête, je ne suis pas sûr d'être prête, mais si je veux le refaire il faut bien que je me lance un jour ou l'autre. Le tout est d'attendre, de ne pas le refaire comme ça, juste parce que je veux refaire cette expérience, je dois attendre d'avoir cette pulsion qui fait que je ne peux plus résister, que ça se fasse tout seul sans que je m'en rend vraiment compte. Je sais que je ne vais sûrement pas le faire dans les jours qui viennent, mais tout est prés pour le grand jour.
Il est temps. (Samedi matin à 10:12 )
Je me regarde dans la glace et je sens cette pulsion simissé en moi. Je ne sais plus vraiment si c'est mon reflet que j'observe. Je me passe un peu d'eau sur le visage, je me vois de nouveau dans le miroir. Je regarde la lame posé sur le bord du lavabo. Je part m'enfermé dans ma chambre.
Je tiens la lame dans ma main droite, je regarde mon bras gauche....non, c'est trop bête je ne vais pas le faire.
Je dépose la lame sur mon bureau et je mets de la musique. Je m'assois et j'écoute, la tête dans les mains. Je voudrai hurler mais rien ne sort. La musique c'est pas une bonne idée, au lieu de m'apèser, elle ne fait qu'enfler ce désir en moi.
Je regarde la lame posée sur mon bureau, elle a l'air de s'imposer comme la seule solution. Je la prends, je regarde mon bras gauche et je passe à l'acte.
J'appuie la lame contre mon bras, je la fais glisser délicatement sur mon avant bras, je sens ma peau se déchirer sous la pression, les premières gouttes de sang apparaissent, je ressent une légère brûlure. Ça y est je l'ai fait, je recommence une seconde fois, et encore une autre et encore.... le geste se fait de plus en plus rapide, comme si il suivait le rythme de la musique.
J'ai l'impression de quitter ce corps, comme si j'en sortait en même temps que ce voluptueux liquide rouge.
La musique s'arrête, et me renvoie dans mon corps. Je lâche la lame et je regarde mon avant bras, il saigne. J'ai mis du sang partout, je vais devoir nettoyer. Le sang continu à couler, le sang porteur de la vie.... Il n'a pas l'aire de vouloir s'arrêter, si ça continu, je vais tellement en perdre que je pourrai mourir.
Mourir, non, je ne veux pas, pas comme ça, il y a des personnes qui ont besoin de moi, je ne peux pas, non il ne faut pas que je meurs.
La peur me prend, je cherche quelque chose pour arrêter l'émoragie, un truc, n'importe quoi, du moment que ça s'arrête de saigner et que je ne meurs pas. Je compresses les plaies pour que le sang ne puisse plus sortir.
Au bout d'un certain temps, le sang ne coule plus. Je regarde autour de moi, il y a du sang qui commence à sécher un peu partout, il faut que je nettoie, mes parents ne doivent pas voir ça .
Je vais dans la salle de bain, je me passe de l'eau sur le bras pour enlever les marques de sang séchées, ça me brûle, j'ai mal.
Je prends ce dont j'ai besoin pour nettoyer ma chambre. Tout est propre avant que mes parents n'arrive.
PS:L'automutilation est quelque chose qui fait du bien!
[
Je le fais pas pour me fair remarquer]